Nous célébrons le 8 juin 2018 la journée mondiale des océans, l’occasion de revenir sur la pollution plastique et de rappeler quelques chiffres sur ce fléau touchant toutes les mers du globe :

Je vous épargne le sujet de l’acidification des océans provoquée par la saturation de l’atmosphère en CO2 et la modification de la circulation thermohaline. Pour info, c’est le même phénomène – un relâchement massif de CO2 dans l’atmosphère – soupçonné d’être à l’origine de la plus grande extinction d’espèces au Permien-Trias (95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres).

Malgré ce constat et ces perspectives un peu sombres, il reste une lueur d’espoir. Des scientifiques et des entrepreneurs se creusent la tête pour trouver des solutions à la pollution plastique.

Je vous présente dans cet article 6 innovations récompensées récemment au cours du Circular Design Challenge organisée par The New Plastics Economy, un programme destiné à accélérer le développement de l’économie circulaire dirigé par la fondation Ellen MacArthur.

[Mise à jour 19/11/2019 suite au changement de ligne éditoriale]

Aucune des solutions à la pollution plastique présentées ici ne permettra de résorber les dégâts du passé, ni ceux en cours à l’heure actuelle. Coca-Cola, Nestlé et PepsiCo sont les principaux contributeurs aux déchets plastiques dans le monde et refusent de radicalement changer leur modèle économique, tout simplement parce qu’il repose entièrement sur le pétrole. Et cela vaut pour toutes les multinationales dépendantes de chaînes logistiques globalisées et d’une économie industrielle dopée aux énergies fossiles. Aux Philippines, Coca-Cola est par exemple le principal pollueur.

Le plastique a contaminé tous les écosystèmes de la planète, de la glace des pôles aux eaux les plus profondes du monde situées dans la fosse des Mariannes à près de 11 000 mètres sous la surface de l’Océan. La majorité du plastique polluant les océans tapisse les fonds et il est illusoire de croire que nous arriverons à dépolluer ces zones très difficiles d’accès. La priorité absolue devrait être de stopper l’extraction pétrolière MAINTENANT, de mettre un terme à la production de plastique MAINTENANT et surtout arrêter de se reposer sur la croyance toxique – mais réconfortante et rassurante – que la technologie va résoudre tous nos problèmes.

Ni la science, ni la technologie ne mettront un terme à la dévastation de la planète. Le mythe de l’entrepreneur s’associant au consom’acteur pour changer la société a la peau dure. C’est une impasse, un refus de voir la réalité qui pourrait nous coûter très, très cher. Si nous voulons vraiment sauver la planète, il nous faudra un changement bien plus radical qu’une simple modification des comportements de consommation. Un basculement d’ordre culturel s’avère indispensable. Nous devons évoluer d’une culture considérant la nature comme une vulgaire ressource à exploiter vers une culture vénérant la nature et montrant un profond respect pour la vie sous tous ses aspects.

[Mise à jour 19/11/2019]

 

Du bioplastique compostable

 

Full Cycle Bioplastics, Elk Packaging et Associated Labels and Packaging ont travaillé ensemble pour créer un plastique compostable à base de sous-produits de l’agriculture et de déchets alimentaires. Capable de remplacer les emballages complexes multicouches, ce bio-plastique peut être utilisé pour les packagings de bars de céréales et les sachets de détergent.

Le PHA utilisé, un biopolymère obtenue de manière naturelle à l’aide de bactéries dévorant les déchets organiques, peut être composté. Il fournit ainsi la matière première pour fabriquer un nouveau plastique.

 

 

Du plastique à base de bois

 

Le VTT Technical Research Centre of Finland a créé un plastique multicouche à base de sous produits de l’industrie forestière et de l’agriculture. On peut l’utiliser pour packager des produits alimentaires comme le muesli ou le fromage. Ce matériaux est composé de deux sortes de celluloses transparentes : une cellulose fibreuse (HefCel) et une cellulose “plastique” (MMCC).

 

 

Une application pour faire ses courses en vrac sans plastique

 

MIWA donne la possibilité à ses utilisateurs de commander la quantité exacte de produits dont ils ont besoin. Ils sont ensuite livrés dans des emballages réutilisables à domicile ou dans le magasin le plus proche.

 

 

Un gobelet réutilisable pour votre café

 

Cup Club a développé des cups réutilisables pour lutter contre la pollution générée par les 40 milliards de gobelets à usage unique qui sont jetés chaque année rien qu’aux USA et en Europe (100 milliards dans le monde). L’entreprise utilise des technologies comme la RFID, l’interface mobile et l’IoT pour traquer les gobelets et récompenser les utilisateurs du système.

 

 

Transformer le plastique pour le rendre recyclable

 

L’Université de Pittsburgh a réussi à concevoir un matériaux entièrement recyclable en utilisant les nanotechnologies. La technologie imite la nature en utilisant quelques molécules comme des briques pour créer une grande variété de matériaux. Ce type de plastique peut servir pour remplacer les plastiques complexes à plusieurs couches utilisés pour les packagings et souvent difficiles à recycler.

 

Un additif magnétique pour mieux recycler les emballages

 

Aronax Technologies Spain a créé un additif magnétique composée de particules de silicate et d’oxyde de fer pour l’isolation à l’air et à l’humidité des produits sensibles. Il pourrait remplacer la pellicule d’aluminium aujourd’hui largement utilisée dans les emballages alimentaires pour ses propriétés isolantes. Lors du recyclage, il est ainsi plus facile de séparer les différentes couches du packaging.

 

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