Pourquoi passer de l’économie verte à la décroissance ?

En observant l’état du monde, je me suis remis en question

 

Rejoignez-nous sur Facebook !

 

Genèse & évolution du blog

 

J’ai toujours eu une forte sensibilité, une conscience de mon environnement et de la nature dont je supporte mal la destruction. Conscient des problèmes environnementaux, j’ai créé le blog Green-economy.fr en 2014 pour montrer que des alternatives étaient possibles afin de construire un modèle économique vertueux.

Au cours de ce parcours, j’ai eu l’occasion de me rendre sur le littoral de la Mer du Nord en Allemagne à Bremerhaven, une région en pointe sur l’éolien offshore. J’ai rencontré des entrepreneurs dans plusieurs salons et conférences, Produrable et VivaTech pour en citer deux.

Après toutes ces années, un constat implacable s’impose : le développement durable, l’économie verte, le biomimétisme ou encore la blue economy, tous ces concepts économiques et les entreprises les mettant en pratique n’ont jamais permis de réduire notre consommation énergétique, les émissions de CO2, l’érosion de la biodiversité et des ressources naturelles.

Durant les dernières décennies :

  • la concentration atmosphérique en CO2 ne s’est jamais stabilisée et a continué d’augmenter
  • les émissions de CO2 ont continuellement progressé, seule la crise financière des subprimes en 2007-2008 a légèrement freiné leur progression
  • la croissance s’est systématiquement réalisée aux dépens du capital naturel, le recyclage, l’économie circulaire, le biomimétisme n’y changent rien
  • l’artificialisation des terres se poursuit à toute vitesse, partout dans le monde
  • la déforestation accélère au Brésil et en Afrique
  • les espèces animales et végétales disparaissent par centaines chaque jour
  • la pollution plastique a contaminé tout l’écosystème marin, même la fosse des Mariannes à près de 11 000 m de fond…
  • les green bonds sont utilisés pour financer des plantations d’eucalyptus industrielles ou des centrales charbon
  • etc, etc, etc, je pourrais continuer sur plusieurs pages encore.

Nous ne pouvons plus continuer à pousser plus loin dans ce mensonge de la croissance verte. Il faut un changement radical sur le plan systémique, et cela commence par mettre un terme au dogme d’une croissance infinie dans un monde fini en ressources. Nous devons dès maintenant entamer une ambitieuse phase de décroissance pour limiter les dégâts, préserver les derniers écosystèmes encore fonctionnels, les ressources en eau, etc. Plus nous repoussons cette décision, plus la chute sera brutale car l’effondrement systémique est dans tous les cas inévitables. De nombreux chercheurs, ingénieurs et scientifiques sont formels là-dessus.

 

 

Décroissance, décentralisation, désindustrialisation

 

Le système industriel nous mène droit dans le mur et ce n’est pas nouveau. Les sociologues du XIXème siècle relataient déjà les dégâts écologiques et humains causés par la Révolution Industrielle.

Un système économique vraiment durable passe obligatoirement par le démantèlement de tous les verrous qui nous empêchent de construire de vraies alternatives au niveau local. Les grandes institutions internationales, européennes et même au niveau de l’Etat – autrement dit la centralisation du pouvoir – constituent un frein à une mutation de notre économie vers un système vertueux pour les humains et la nature.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le pouvoir centralisé est depuis toujours favorable aux élites économiques. On le voit aujourd’hui dans les décisions sur le prolongement du glyphosate ou la réduction des aides aux agriculteurs bio de 5 à 3 ans. On sait que la pollution atmosphérique tue 50 000 personnes par an en France, il n’y aucun début de commencement d’une décision courageuse. RIEN. Au contraire, on continue à autoriser la vente de SUV en masse ou à promouvoir les fausses solutions vertes comme la trotinnette électrique, la voiture électrique. De son côté l’Union Européenne vient de voter de nouvelles subventions à la pêche industrielle accusée par l’ONG Bloom et d’autres de vider les océans. L’ère de l’assistance où nous finirons tous obèses… L’UE est d’ailleurs la seconde destination pour les exportations agricoles du Brésil de Bolsonaro. Nous finançons donc la déforestation et l’extermination des peuples indigènes.

Il faut vraiment que les citoyens de par le monde se réveillent et arrêtent de s’imaginer que nos dirigeants vont prendre le taureau par les cornes. Cela fait depuis 1972 et la publication du rapport Meadows qu’ils savent que l’effondrement systémique de notre société industrielle est inéluctable. Et qu’ont-ils fait ? Ils se sont empressés de propager la pandémie néo-libérale sur tous les continents dans les années 1980. En ce moment même, de nombreuses associations, ONG, mouvements pseudo-écolos font pression sur les décideurs pour déclencher une nouvelle phase de croissance dans les énergies renouvelables et l’industrie du captage du CO2. Alors même que ces industries n’ont JAMAIS permis de réduire les émissions de CO2. Cet entêtement est suicidaire et n’a qu’un seul but : préserver l’hégémonie des puissants.

Se désintoxiquer du pétrole, se réapproprier la technique à travers le low-tech, construire des territoires autonomes sur le plan alimentaire avec la permaculture, ces évolutions impliquent de reconquérir le pouvoir à l’échelle locale. Elles ne seront jamais possibles à développer si nous conservons le système centralisé actuel guidé par les intérêts purement égoïstes d’une petite minorité.

 

Share This