Agriculture durable

 

Nourrir le monde sans contribuer au changement climatique, sans détruire les sols et la biodiversité, tels sont les défis à relever. Evoluer vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement est une nécessité absolue pour nos sociétés. Selon une étude parue en 2017, le déclin des abeilles et la chute vertigineuse – autour de 80 % – des populations d’insectes volants en Europe doit nous inciter à l’action. Des solutions viables existent déjà pour changer notre modèle agricole et évoluer vers une agriculture durable.

 

Une agriculture intensive polluante et inefficace

 

L’agriculture industrielle pratiquée à l’heure actuelle dans les pays développés est une aberration à tous les niveaux. Interviewé dans l’émission “Silence, ça pousse !” du 9 mars 2018, Maxime de Rostolan, fondateur de Bluebees et initiateur du projet Fermes d’Avenir, résume bien le problème :

“En 1940, il fallait 1 calorie fossile pour produire 2,4 calories alimentaires, il faut aujourd’hui 7 à 10 calories fossiles pour produire 1 seule calorie alimentaire. C’est une insulte à l’intelligence humaine que d’être 25 fois mois efficace que nos grands-parents alors que l’on se dit une société développée…”

Conséquence de cette consommation démesurée d’énergie fossile ?

 Elevage et changement climatique 

A lui tout seul, l’élevage produit donc autant de gaz à effet de serre que la plupart des véhicules et moyens de transport réunis. Mais l’impact sur le changement climatique est loin d’être le seul aspect négatif de l’agriculture intensive :

  • Le système de production agricole industriel et mondialsé menace la sécurité alimentaire de certains pays en voie de développement
  • La fertilité des sols est en déclin et l’érosion est un fléau
  • La diversité génétique des semences utilisées a diminué de 90 %
  • Certains grands semenciers tentent de s’approprier les variétés en déposant des brevets et en interdisant la vente de semences paysannes
  • La consommation d’eau est complètement délirante (454 litres pour produire 1 kg de maïs, 900 litres pour 1 kg de soja, 5 263 litres pour 1 kg de coton et 13 500 litres pour 1 kg de viande de boeuf)
  • Cette consommation démesurée en eau entraîne la désertification de régions entières
  • Les champs de monoculture sont une cible facile pour les ravageurs qui se propagent plus rapidement
  • Les fertilisants, herbicides et insecticides contaminent la nourriture, détruisent la biodiversité (abeilles, insectes, etc), éradiquent la microfaune du sol et polluent les nappes phréatiques 
  • Dans de nombreux pays et notamment en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie, la déforestation est systématique pour installer des grandes cultures de soja, de maïs ou d’huile de palme
  • Les cadences imposées par l’élevage industriel posent des question en termes de bien-être animal

 

Comment définir l’agriculture durable ?

 

Une agriculture durable utilise des techniques de culture qui permettent de préserver les sols, de limiter l’utilisation d’eau, le gaspillage et de limiter voire éradiquer l’utilisation d’intrants chimiques. Notre modèle agricole intensif actuel n’est plus soutenable en raison de son impact environnemental.

 

Plusieurs pistes pour une agriculture plus écologique

 

 

 

Modèle agricole écologique et durable

L’Agriculture raisonnée

 

Le principal objectif de l’agriculture raisonnée est d’optimiser le résultat économique de l’exploitation agricole en optimisant l’utilisation des intrants. Une certification est attribuée aux agriculteurs empruntant cette voie, le plus haut niveau correspond au label agriculture à Haute Valeur Environnementale (HVE).

L’agriculture raisonnée est critiquée car elle ne remet pas vraiment en cause le modèle actuel, de plus, les OGM y sont autorisés.

 

L’Agriculture biologique

 

L’agriculture biologique est probablement la plus démocratisée à l’heure actuelle, notamment en raison des différents labels permettant de distinguer les produits bio dans les magasins. La culture bio exclue l’utilisation d’OGM, de produits chimiques de synthèse et limite l’emploi d’intrants. La prise en compte du bien-être animal est également inscrite dans la réglementation sur l’agriculture biologique.

 

L’Agroécologie

 

L’agroécologie ou agro-écologie va encore plus loin que les techniques décrites plus haut. Il s’agit de fonctionner avec la nature et de profiter des services écologiques qu’elle offre pour optimiser le rendement des cultures. Ainsi, les pratiques agroécologiques sont basées sur des interactions entre espèces végétales et animales.

L’agroécologie accorde aussi une importance à la diversité génétique, elle cherche à limiter voire bannir les produits phytosanitaires, à enrichir la biodiversité des sols et à réduire le recours aux énergies fossiles.

> Consultez la définition de l’agroécologie pour en savoir plus

 

La Permaculture

 

La permaculture cherche à repenser l’ensemble de notre modèle de société et ne s’arrête pas simplement aux techniques de culture. D’ailleurs, un grand nombre des pratiques permacoles et agroécologiques visent les mêmes objectifs.

Avec leurs ouvrages sur le sujets, Bill Mollison et David Holmgren sont souvent considérés comme les théoriciens de la permaculture. En fait, elle s’inspire beaucoup de pratiques anciennes et oubliées depuis l’avènement au XXème siècle de l’agriculture moderne reposant sur la chimie et la mécanisation.

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