Avec l’AgTech, – parfois aussi nommée AgriTech ou AgroTech – la révolution agricole est en marche. L’objectif ? Proposer une nourriture de qualité aux consommateurs à un prix abordable tout en permettant aux agriculteurs de vivre décemment de leur métier. Cette agriculture du futur dopée aux algorithmes pourrait bien devenir un accélérateur de la transition vers un système agraire plus écologique.

 

Agriculture sans pesticide : pénibilité et bien-être animal en question

 

Les pratiques agricoles durables telles la permaculture et l’agroécologie réduisent voire bannissent l’usage de pesticides. Dans certains cas, l’utilisation des machines agricoles est remplacée par le travail manuel et la traction animale, une évolution nécessaire pour réduire l’empreinte carbone et les autres pollutions et externalités négatives générées par le secteur primaire.

Interviewé dans l’émission “Silence, ça pousse !” du 9 mars 2018, Maxime de Rostolan, fondateur de Bluebees et initiateur du projet Fermes d’Avenir, résume le problème avec l’agriculture telle qu’elle est pratiquée de nos jours :

“En 1940, il fallait 1 calorie fossile pour produire 2,4 calories alimentaires, il faut aujourd’hui 7 à 10 calories fossiles pour produire 1 seule calorie alimentaire. C’est une insulte à l’intelligence humaine que d’être 25 fois mois efficace que nos grands-parents alors que l’on se dit une société développée…”

Seul problème avec le bannissement des pesticides et des engins agricoles, la quantité de travail manuel devient plus importante et les animaux remplacent les machines dans certaines fermes. La pénibilité du travail s’accroît ce qui pourrait avoir comme conséquence de rebuter les jeunes générations à envisager une carrière d’agriculteur. D’autre part, la question du bien-être animal gagnant du terrain dans l’opinion, utiliser les animaux dans les exploitations pourrait constituer un frein à l’achat pour la communauté vegan.

L’emploi de robots pourrait donc devenir une alternative intéressante et un levier de développement pour une agriculture biologique de qualité et respectueuse de l’environnement.

 

Economiser l’eau et l’énergie grâce au Big Data

 

Autre apport de la technologie pour une agriculture durable, la possibilité de mesurer l’humidité et la température du sol et de l’air grâce à des capteurs placés dans les parcelles. De la même manière, des drones survolant les champs de blé, d’orge, de colza et de maïs sont capables de collecter des données sur la biomasse, la densité foliaire ou le taux de chlorophylle. Ils réalisent ainsi une cartographie et permettent de cibler les zones nécessitant en priorité un apport d’engrais.

En collectant ces données sur leurs exploitations, les agriculteurs 2.0 sont capables d’optimiser leur consommation d’eau (454 litres d’eau sont nécessaires à la production d’1 kg de maïs) et d’engrais.

 

Quelques startups de l’AgTech

 

Miimosa

Miimosa est la première plateforme de crowdfunding destinée à financer des projets agricoles.

 

Bluebees

Une autre plateforme de financement participatif fondée par Maxime de Rostolan, également à l’origine de l’initiative Fermes d’Avenir. Bluebees se fixe comme objectif de développer une agriculture durable en France et dans le monde. Pour bénéficier d’un financement sur cette plateforme, chaque projet est évalué en fonction de critères économiques et environnementaux.

 

MonPotager.com

Cette startup propose de cultiver en ligne et à distance votre potager. Vous choisissez la quantité de fruits et légumes dont vous avez besoin en fonction du nombre de bouches à nourrir et l’application vous attribue une taille de parcelle. Celles-ci vont de 15 à 150 m² et sont cultivées par un vrai maraîcher, vous recevez ensuite votre panier en point relais ou à domicile.

 

Naïo technologies

Naïo Technologies est spécialisée dans la fabrication de robots de désherbage pour les parcelles agricoles (vignes, maraîchage, etc). Parmi ses objectifs, alléger la charge de travail et optimiser la rentabilité de l’exploitation agricole tout en limitant l’impact environnemental.

 

Agricool

Agricool cultive des fraises dans des containers de 33 m² sans pesticide ni OGM en utilisant 90 % moins d’eau et uniquement des énergies renouvelables. Elle a pour ambition de diversifier son système à d’autres fruits et légumes.

 

La Ruche qui dit oui

Sorte d’AMAP en version 2.0, la Ruche qui dit Oui a ouvert de nombreux points de vente partout en France grâce au soutien d’investisseurs dont Kima Ventures, le fonds d’investissement de Xavier Niel.

 

Agrilyst

Agrilyst est une startup américaine qui met à disposition des fermiers connectés une solution pour optimiser leurs cultures grâce aux données récoltées par des capteurs. A la clé, une meilleure gestion, planification et anticipation de la production.

 

Square Roots

Un peu à la manière d’Agricool, Square Roots cultive différentes variétés de salades non OGM sans pesticide grâce à un système hydroponique installé dans des containers en plein cœur de Brooklyn, New York. Kimbal Musk, le frère d’Elon, est l’un des co-fondateurs de ce projet.

 

GothamGreens

Gotham Greens installe d’immenses serres sur les toits de bâtiments à Brooklyn et Chicago, c’est dans cette dernière ville que se situe leur plus grande installation. Avec ses 75 000 m², c’est une des plus importantes fermes urbaines à l’heure actuelle.

Sources :
https://www.forbes.fr/classements/les-dix-start-up-de-la-agtech-a-suivre/

Philippe Oberlé, fondateur de Green Economy

A travers ce blog créé en 2014, j’utilise mes compétences en acquisition de trafic pour donner de la visibilité à l’entrepreneuriat générant un impact positif sur la planète et la société. J’aborde aussi d’autres sujets comme l’investissement à impact, la RSE ou les énergies renouvelables.

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