11 semaines pour vous former de manière intensive, le tout gratuitement, ça vous tente ? C’est ce que propose The Hacking Project, un nouvel acteur de l’EdTech française lancé par Charles Dacquay et Félix Gaudé. Leur souhait ? Révolutionner le monde de la formation professionnelle grâce à leur modèle innovant basé sur le peer-learning. The Hacking Project (THP) propose pour le moment deux parcours de formation : code et business development, growth hacking et français sont à venir. J’ai pu échanger avec Charles, chargé du développement de la jeune pousse.

 

Révolutionner le monde de la formation

 

The Hacking Project veut permettre à n’importe qui de créer le futur AirBnB à l’issue d’une formation intensive et courte sur 2 mois et demi. THP se démarque en adoptant le vocabulaire de la marine. Ainsi, les moussaillons embarquent sur leur navire pour une traversée de 11 semaines durant laquelle ils devront compter les uns sur les autres, les finishers seront eux récompensés par le titre de corsaire.

Le projet THP est résolument engagé :

“L’éducation et la formation sont des domaines trop importants pour les laisser à des organisations inefficaces ou à des institutions demandant des frais d’inscription exorbitants. La gratuité est pour nous capitale pour permettre à tous d’apprendre et de progresser dans l’échelle sociale.”

En effet, l’Education Nationale comme l’enseignement supérieur français collectionnent les mauvais résultats dans les études internationales depuis plusieurs années. Manque de moyen, difficultés à réformer un système archaïque, des établissements privés inaccessibles pour le plus grand nombre, les défis à relever sont nombreux. Cette situation ne peut plus durer, c’est pourquoi les acteurs de l’EdTech ont décidé de prendre le problème à bras le corps.

THP s’inspire d’autres projets et startups comme l’école 42 dont il reprend la pédagogie en peer-learning, la gratuité et l’état d’esprit de fonceur ou encore OpenClassrooms avec ses ressources documentaires importantes et sa communauté engagée.

“Nous sommes présents dans les 10 plus grandes villes de France, bientôt 20 mais aussi à l’international, au Cameroun , en Côte d’Ivoire et à Madagascar.”

THP a mis en place un modèle rapidement déployable, ce qui explique son succès à l’étranger dans les pays francophones.

 

Des formations exigeantes mais accessibles à tous

 

THP attire un public hétérogène désirant apprendre vite :

“Nous avons 50 % d’entrepreneurs qui suivent nos formations et souvent lancent leur projet en suivant, 40 % de personnes cherchant à se former pour acquérir de nouvelles compétences, les 10 % restant sont en reconversion”.

Les formations sont ouvertes aux 16 à 65 ans et attirent tout de même 25 % de femmes, un chiffre en croissance constante d’après Charles :

“Les profils sociologiques sont très hétérogènes, c’est aussi ce qui fait la richesse de nos groupes de moussaillons : polytechniciens, militaires en reconversion, physiciens ou encore personnes sans diplôme”.

Lors des traversées houleuses, les moussaillons peuvent compter sur des mentors – souvent des anciens – accessibles via un groupe Slack regroupant 450 personnes.

Si vous souhaitez vous lancer dans une formation, vous pouvez monter un groupe de travail dans votre ville, peu importe l’endroit où vous vous situez. Pour cela, il vous suffit de vous inscrire, de choisir une session de formation, de régler la caution et de réaliser le pré-parcours.

Seul problème avec la gratuité, les passagers clandestins :

“Une chose que nous souhaitons éviter, ce sont les touristes. Nous avons mis en place un processus pour effectuer un premier filtrage à l’entrée avec un système de caution, un pré-parcours de test et des vies comme dans Mario que l’on peut perdre ou gagner au fil de la formation”.

Cette politique a permis de faire passer le taux d’abandon de 65 % lors des premières sessions à environ 35 % aujourd’hui. Depuis l’été 2017, THP a ainsi attiré 335 personnes et parmi elles, 150 ont terminé le parcours sur 2 mois et demi.

 

La question du modèle économique

 

Une question qui revient souvent d’après Charles :

“Notre objectif est de créer un modèle reconnu dans le monde de la formation professionnelle. Notre force est d’offrir une formation courte qui se veut facilement scalable, adaptable et flexible.”

The Hacking Project souhaite devenir un acteur important de l’EdTech aux côtés du Wagon, d’OpenClassrooms ou encore de l’Ecole 42.

Le peer-learning est certainement un modèle amené à se démocratiser dans un avenir proche. Il favorise la cohésion d’équipe – les plus forts soutiennent les plus faibles – grâce à un objectif commun pour tous les membres du groupe.

Preuve de son succès, THP éveille déjà l’intérêt de plusieurs grandes entreprises et de grandes écoles dont l’INSEEC et l’ESSEC avec lesquelles ils conçoivent des cours d’informatique.

Consultant SEO freelance dans la vie, j’ai réuni mes compétences professionnelles et mon engagement en faveur du développement durable au cœur du projet Green-economy.fr, le blog des acteurs de l’économie verte.

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