Energies renouvelables : (faux) avantages, (vrais) inconvénients

 

Les énergies renouvelables permettent de rejeter moins de CO2 dans l’atmosphère que les énergies fossiles, en apparence seulement. Le principal avantage des EnR, ou en tout cas celui sur lequel insiste ses défenseurs, c’est la production “décarbonée” d’électricité et de chaleur. Si les éoliennes, panneaux solaires et barrages hydroélectriques se passent de combustion, processus utilisé pour produire de l’électricité et de la chaleur à partir des fossiles, leur impact écologique est loin, très loin d’être négligeable.

Découvrez les faux avantages et les nombreux inconvénients des énergies renouvelables.

 

Avantages et inconvenients des energies alternatives

 

Les faux avantages des énergies renouvelables

 

Produire de l’électricité sans rejeter de CO2, vraiment ?

 

L’exploitation de sources d’énergies renouvelables pour produire de l’électricité génère peu ou pas de CO2 car il n’y pas pas de combustion comme avec le charbon, le pétrole et le gaz. C’est là un des principaux arguments justifiant le remplacement des énergies fossiles par le renouvelable afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il faut toutefois noter que ce n’est pas le cas pour toutes les énergies dites renouvelables, l’énergie issue de la biomasse provient par exemple d’une combustion de matières organiques (bois ou agrocarburants) et rejette donc du CO2 en plus d’éradiquer la biodiversité.

Malheureusement, la réalité est moins rose. Une centrale éolienne ne produit pas toute seule de l’électricité sans intervention humaine. Une fois la mise en production, une entreprise prestataire se charge du suivi de la production et planifie des opérations de maintenance. Ces entreprises ont des bureaux dans des grandes villes, emploient des ingénieurs qui se rendent au travail tous les jours – en transport en commun, vélo, voiture, etc – comme n’importe quel salarié, ingénieurs qui peuvent faire appel à d’autres entreprises pour sous-traiter la maintenance. Bien entendu, les parcs éoliens étant souvent isolés dans des zones rurales, leur accès n’est possible qu’en voiture. Toutes ces opérations reposent de loin ou de près sur la consommation de pétrole. Au travers de ce simple exemple, on se rend vite compte de l’absurdité du terme “énergie décarbonée” en évoquant les énergies renouvelables.

 

Une source d’énergie inépuisable et plus accessible, vrai mais…

 

Le vent, le soleil ou encore la chaleur issue du noyau terrestre sont des énergies disponibles à volonté et en théorie inépuisables à l’échelle de l’humanité. De plus, ce sont des ressources – du moins pour le vent, le solaire ou la géothermie – qui ne sont pas accaparables par des Etats en raison de leur meilleure répartition sur la planète.

Le problème n’est pas tant l’utilisation d’une source d’énergie renouvelable comme le courant d’une rivière, le vent ou le soleil, mais plutôt le système alimenté par cette énergie. Dans le cadre d’un système hiérarchisé et centralisé reposant sur le capitalisme techno-industriel, comme c’est le cas au sein de notre civilisation, la demande énergétique ne cesse de croître pour alimenter l’expansion économique. La consommation gargantuesque d’énergie nécessaire à faire fonctionner un tel système est profondément anti-écologique.

La production d’énergie doit alors nécessairement passer par l’industrialisation des processus, industrie reposant depuis la 1ère Révolution Industrielle sur les énergies fossiles.

 

Une production d’énergie moins impactante pour l’environnement, vraiment ?

 

Vous l’avez certainement constaté, la quête perpétuelle de nouveaux gisements gaziers ou pétroliers n’a pas cessé avec le développement des EnR. D’une part, le développement des énergies renouvelables repose sur les énergies fossiles et d’autre part, la transition énergétique n’a pas lieu en raison des multiples effets rebonds dans une économie en croissance. Ainsi, les énergies renouvelables s’additionnent aux fossiles.

Eoliennes, panneaux solaires et barrages produisent certes une énergie moins intensive en carbone. L’absence de combustion limite aussi la pollution atmosphérique. Mais ce sont de bien maigres avantages quand on considère l’impact global de ces énergies présentées comme “propres”.

 

Possibilité d’une production d’électricité décentralisée

 

L’utilisation de sources d’énergies alternatives offre la possibilité aux acteurs locaux de produire leur propre électricité à un coût intéressant. Les communautés éloignées des grands centres urbains dépendent moins des grands opérateurs d’électricité et peuvent alors bénéficier d’une énergie propre et à bas coût.

C’est en substance l’argument de certaines entreprises mettant l’accent sur la décentralisation de la production énergétique, mais ces dernières restent évasives quant à la nécessité de réduire considérablement notre consommation d’énergie pour arriver un système de ce type. Il faudrait nécessairement décroître fortement, ce type de production est incapable d’alimenter des villes et ça ne résoud en rien le problème de dépendances aux matières premières.

 

 

Inconvénients des sources d’énergie renouvelables

 

Coût trop élevé et rentabilité à long terme

 

Pendant un temps, le principal reproche fait aux énergies renouvelables était leur coût par rapport aux énergies fossiles. C’est de moins en moins vrai, notamment pour le solaire dont le coût continue de baisser chaque année.

En revanche, l’éolien, la géothermie ou l’hydraulique nécessitent souvent un investissement dans des installations coûteuses, a fortiori pour une installation de grande envergure comme un parc éolien ou une centrale géothermique. Ce coût important impacte la rentabilité et a dissuadé les investisseurs au départ, mais la situation est en train de changer.

Nous assistons en ce moment à une campagne de lobbying à l’échelle mondiale pour faire pression sur les gouvernements et libérer les capitaux pour les énergies supposées “propres”. Une industrie du captage du CO2 commence aussi à se développer car l’économie industrielle – énergie renouvelables incluses – est incapable de fonctionner sans pétrole, gaz ou charbon. Rares sont les industries à pouvoir se développer sans un gros coup de pouce des Etats via des subventions, un cadre réglementaire avantageux, etc.

 

Terres et métaux rares

 

Concernant les renouvelables, le débat se concentre souvent sur les terres et les métaux rares. Il faut aller puiser dans le sol des matières premières parfois rares – terres rares – pour construire des éoliennes et des panneaux solaires. Les aimants permanents équipant une bonne partie des éoliennes offshore contiennent du néodyme et du dysprosium mais des technologies permettent de s’affranchir des terres rares.

Mais le débat des terres rares est très loin d’être le seul inconvénient des énergies renouvelables.

 

 

Dépendance au béton

 

Les énergies renouvelables – surtout l’éolien et l’hydroélectrique – ont besoin de quantités astronomiques de béton, bien supérieures aux énergies fossiles ou au nucléaire à niveau de production égal. Composé de sable, de gravier et de ciment mélangés avec de l’eau, le béton est un fléau. Notre dépendance à ce matériau produit des ravages écologiques majeurs. La demande de sable et de gravier se chiffre chaque année entre 40 et 50 milliards de tonnes selon les Nations Unies. Pour répondre à la demande, le sable des plages et des lits de rivière est extrait détruisant les habitats de nombreuses espèces, asséchant les aquifères et générant des pollutions. Cette extraction dépend bien entendu entièrement des énergies fossiles.

Pour la fabrication de béton, la consommation d’eau est elle aussi très importante.

A noter que le secteur de la construction grand consommateur de béton produit aussi la majeure partie des déchets en France et en Europe.

 

Dépendance au cuivre

 

Un autre métal auquel le public pense moins souvent, c’est le cuivre. A production électrique équivalente, éolien et solaire ont des contenus en cuivre bien plus importants que les énergies fossiles ou que le nucléaire.

Dans le top 10 des principaux producteurs de cuivre figurent de nombreux pays du Sud (Chili, Pérou, République Démocratique du Congo, Zambie, Mexico, etc) où les conditions de travail sont exécrables. Amnesty International a estimé que plusieurs dizaines de milliers d’enfants travaillaient dans les mines de la République Démocratique du Congo.

Au Chili se trouve la plus importante mine de cuivre à ciel ouvert du monde, Chuquicamata. A plus de 2800 mètres d’altitude, un trou immense de 850 mètres a été creusé dans la montagne, le paysage est à tout jamais dévasté. Des mines de ce type, il en existe une multitude à travers le monde pour satisfaire la demande croissante en métaux également alimentée par les énergies renouvelables. L’industrie extractive est aussi dénoncée pour sa consommation d’eau, les rejets et pollutions chimiques ou encore les exactions commises à l’égard des mineurs protestant pour améliorer leur calvaire quotidien.

 

Production intermittente

 

L’irrégularité de la production électrique du solaire et de l’éolien pose de nombreux problèmes de raccordement au réseau. Quand la quantité d’électricité injectée dans le réseau connaît de fortes variations, des coupures de courant peuvent survenir. En effet, pour maintenir la fréquence du système au point d’équilibre de 50 hertz, les opérateurs doivent équilibrer la production et la demande d’électricité. Quand il y a beaucoup de vent et que les éoliennes produisent beaucoup en période de faible consommation, cela peut poser problème. A l’inverse, lorsqu’il y a un pic de consommation et que la production ne suit pas, la fréquence ne peut être maintenue et cela produit des disruptions d’approvisionnement.

Pour pallier ce défaut d’intermittence, le déploiement des renouvelables doit aller de paire avec une modernisation du réseau, les fameux “réseaux intelligents” ou Smart Grids. Il s’agit de combiner les technologies numériques avec les énergies renouvelables, ainsi les algorithmes viendraient à notre secours pour équilibrer la demande et l’offre d’électricité. Problème, ces technologies numériques consomment elles aussi des matières premières et sont elles aussi dépendantes des énergies fossiles. De plus, les principaux exportateurs de composants électroniques sont dans l’ordre Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan, Chine, Singapour, des pays dont l’économie tourne en grande partie grâce aux énergies fossiles (charbon et gaz naturel), des pays qui exportent partout dans le monde leur production via des navires porte-conteneurs ou par avion. Un tel système économique s’avère complètement insoutenable à long terme.

Non seulement ces infrastructures consomment des matières premières, mais elles prennent de la place. Une place souvent gagnée sur des terres arables ou riches en biodiversité, un non-sens écologique.

 

 

Impact écologique désastreux

 

 

Extraction

 

Les énergies renouvelables ont impact environnemental en amont lors de la phase d’extraction des matières premières comme décrit plus haut. L’industrie extractive est un fléau dans le monde. Souvent délocalisée dans les pays du Sud, loin des yeux des occidentaux blancs et riches qui eux consomment les produits fabriqués ailleurs. Européens et Nord-américains sont très souvent loin d’imaginer la destruction dont sont issus leurs objets du quotidien couverts du sang et de la sueur d’esclaves – et parfois d’enfants – travaillant dans une mine à des milliers de kilomètres de là.

L’extraction minière détruit des biomes entiers. La mine de Carajas, la plus grande mine d’acier de la planète se situe au Brésil, en plein coeur de la forêt amazonienne. La plus grande mine d’argent – Penasquito – se trouve au Mexique. D’énormes bassins servent à stocker en plein air les boues toxiques issues de l’extraction. Les quantités d’eau massives pompées par l’entreprise exploitant la mine obligent les agriculteurs de la région à émigrer.

 

Construction et cycle d’exploitation

 

La construction de centrales énergétiques, qu’elles soient hydroélectriques, éoliennes, solaires, biomasses ou géothermiques signifie la poursuite de l’artificialisation des terres. En France, nous artificialisons 65 000 hectares par an, soit l’équivalent d’un département tous les 8 ans. Ces sols deviennent imperméables et donc incapables de stocker l’eau ce qui provoque des inondations. Artificialiser un milieu provoque aussi une destruction de la biodiversité puisque l’habitat de nombreuses espèces animales se trouve détruit.

Les centrales éoliennes et solaires ne sont pas plus écologiques qu’une centrale à charbon de ce point de vue. Durant leur phase d’exploitation, les éoliennes déciment aussi oiseaux, chauve-souris et insectes.

De leur côté, les barrages hydroélectriques qui représentent plus de 70 % de la production électrique renouvelable dans le monde anéantissent les écosystèmes extrêmement riches des rivières et des zones humides. L’écosystème de la rivière se retrouve fragmenté, le lac artificiel formé est souvent un lac sans vie où pourrissent les arbres et la végétation submergés par les eaux, des populations autochtones sont expulsées de leurs terres, etc. Les barrages sont une calamité, sans même parler des quantités astronomiques de béton nécessaires à leur construction.

L’énergie de la biomasse est issue quant à elle d’un processus de combustion. Outre les rejets en CO2, la place nécessaire pour produire des matières organiques destinées à la biomasse fait aussi débat. En effet, on utilise d’énormes surfaces agricoles pour produire des biocarburants au lieu de les réserver à la production de nourriture. Ces cultures destinées à la biomasse sont des monocultures appauvrissant les sols, ce sont des zones mortes.

 

 

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