Avec BusyBees, Yann Tanguy et Arnaud Duloisy veulent simplifier la logistique pour les e-commerçants – les Busy – et donner un complément de revenu aux entreprises et particuliers micro-entrepreneurs – les Bees – disposant d’une surface inutilisée à valoriser.

 

Réinventer la logistique

 

BusyBees joue le rôle d’intermédiaire entre une boutique en ligne désireuse de trouver une solution logistique pour le stockage de sa marchandise et un particulier/entreprise disposant d’un local, d’une cave ou d’un garage.

La startup parisienne va même au-delà en proposant une plateforme technique avec la gestion des stocks et des commandes. La marchandise est assurée par Allianz et la solution Boxtal a été retenue pour le transport et l’intégration à la boutique en ligne du client.

L’offre tarifaire se veut la plus simple possible pour offrir de la visibilité au e-commerçant avec :

  • Un abonnement mensuel à 30 €
  • Un coût de 7 € par m² réservé
  • Un forfait unique par commande préparée

« Aujourd’hui en France, quand on regarde les chiffres de la FEVAD – la Fédération du e-commerce et de la vente à distance – 90% des e-commerçants réalisent moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires annuel. Lorsque leur activité s’accroît, ils rencontrent souvent des difficultés pour trouver une solution flexible de stockage et se retrouvent avec des coûts fixes à couvrir. C’est un véritable frein au développement pour l’activité de certains marchands. »

Fonctionnement logistique e-marchand Busybees

 

Dépasser les frontières de l’Hexagone

 

Dotée d’une équipe de 4 personnes, BusyBees souhaite se développer rapidement à l’international. Pour cela, les deux fondateurs qui ont fait leurs armes chez des poids lourds de la logistique cherchent à lever des fonds en 2019.

« Actuellement, nous avons déjà un acteur majeur du e-commerce qui a signé avec nous et la moitié de nos clients sont étrangers. Nous misons sur les leviers du digital – SEO, SEA et Social Media – pour développer notre notoriété auprès des marchands. »

 

Un objectif social

 

L’entreprise veut se différencier d’acteurs majeurs du retail comme Amazon en proposant un business model alternatif valorisant pour les auto-entrepreneurs :

« Nous voulons que nos Bees soient très bien traités et rémunérés. Ils peuvent accepter ou non les missions et choisir leurs horaires de travail. Pour donner un exemple, certains de nos Bees peuvent toucher jusqu’à 1800 € par mois pour 3h de travail par jour. »

 

Yann Tanguy et Arnaud Duloisy

Yann Tanguy et Arnaud Duloisy, cofondateurs de BusyBees.

 

Le difficile défi de l’impact environnemental

 

En optimisant l’utilisation des surfaces, le concept de BusyBees a déjà un impact écologique. Au lieu de construire de nouveaux entrepôts de stockage, il s’agit de valoriser les locaux inutilisés ou vides et donc de lutter contre l’artificialisation des terres. Un phénomène important en France avec 65 000 hectares de terres bétonnés chaque année, soit l’équivalent d’un département moyen tous les 8 ans.

Yann Tanguy évoque d’autres pistes pour réduire l’empreinte écologique de la logistique :

« Nous avons déjà entamé des recherches pour trouver un partenaire similaire à RePack pour réutiliser les cartons et emballages. Concernant l’impression et l’utilisation de papier pour les étiquettes, nous envisageons de les remplacer par une solution à impression directe sur le carton de type laser ou thermique. Cela aurait un énorme impact en termes de papier économisé, qu’il s’agisse de papier A4 standard ou des étiquettes autocollantes. »

Il évoque aussi la mesure de l’impact environnemental en passant par un cabinet d’expertise. Malheureusement, les efforts des entrepreneurs en la matière – et donc les coûts supplémentaires – ne sont toujours pas encouragés par des aides et des avantages fiscaux. Yann avoue devoir attendre de développer l’entreprise et d’avoir les moyens de mettre ces actions en place pour réduire son empreinte sur l’environnement.

Réduire son empreinte environnementale est aujourd’hui un luxe que peu de jeunes pousses peuvent se permettre. On en revient à la nécessité de changer les règles du jeu économique pour favoriser l’émergence d’acteurs vertueux qui mettent les questions environnementales et sociales au cœur de leur ADN.

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