Selon les projections de l’ONU, la population mondiale qui atteint aujourd’hui 7,3 milliards d’habitants pourrait continuer à croître au cours du 21ème siècle. Au lieu d’un état stationnaire initialement prévu autour de 9 milliards, les démographes des Nations Unies tablent dorénavant sur 11 milliards d’individus d’ici à 2100. Ce rebond de croissance démographique inquiète. Entre régulation autoritaire de la population et aide au développement, les avis diverges sur la solution à apporter. Cette situation devrait en tout cas nous inciter à réviser notre modèle économique actuel en y intégrant des facteurs sociaux et environnementaux.

Ce rebond a lieu principalement en Afrique, où l’espérance de vie et la mortalité infantile en baisse provoquent un ralentissement de la transition démographique. Un pays comme le Nigeria passerait de 159 à 900 millions d’habitants d’ici à la fin du siècle ! En tout, le continent devrait compter 2,5 milliards de personnes en 2050 et plus de 4 milliards en 2100. Avec un taux de croissance économique de 5,2% prévu sur 2015-2016 et des investissements directs étrangers (IDE) en augmentation sur la période 2011-2013 (malgré un recul du volume mondial), l’Afrique connaît un développement sans précédent. L’énorme défi qui se profile à l’horizon sera de faire en sorte que cette croissance soit verte et durable.

prévision démographie afrique

Carte : Prévision de croissance de la population en % entre 2010 et 2100 (source ONU)

Un défi environnemental, démographique et économique

 

Depuis l’aube de l’humanité, une population forte est synonyme de puissance. États et religions encouragent donc leurs citoyens et fidèles à procréer, l’un pour fournir son armée en soldats, son économie en main d’oeuvre, l’autre pour étendre son influence.

Aujourd’hui, une autre variable entre en jeu. Les ressources naturelles d’ores et déjà sous pression et raréfiées par plusieurs décennies d’exploitation intensive posent la question de la compatibilité entre croissance démographique et développement durable. Notre consommation actuelle dépasse de loin la capacité de la planète à renouveler ses stocks. Le “Earth Overshoot Day” a mis en lumière ce phénomène. Les surfaces cultivables diminuent et l’eau douce se raréfient, la consommation énergétique explose. Hormis une refonte de notre système économique et social, vivre en harmonie à 11 milliards semble utopique. Malthus, célèbre économiste du XVIIIème siècle, est ainsi remis au goût du jour avec la possibilité d’un contrôle des naissances.

Des liens étroits entre dynamisme économique et démographie existent et rendent la tâche compliquée pour les décideurs. La Chine et l’Inde sont les principaux pays à avoir mis en place des politiques autoritaires de régulation démographique. Dans les années 1970, Deng Xiaoping instaurait la politique de l’enfant unique viagra et generique. Un succès puisque le taux de fécondité est aujourd’hui passé à 1,7 enfant par femme en moyenne. En Inde, des campagnes de stérilisation dans les années 1960 se sont révélées inefficaces, la population ayant plus que triplé dans la deuxième moitié du XXème siècle. Le souci de ces politiques malthusiennes, c’est qu’elles s’attaquent à la liberté individuelle. Cette incursion de l’État dans la vie privée des ménages poserait des problèmes dans nombre de pays, avec une crainte d’un recours à la force et de nombreux scandales à la clé.

L’expansion économique comme contraceptif

 

Encourager le développement économique reste, et de loin, l’outil le plus efficace pour maîtriser les naissances. Le PIB par habitant et le taux de fécondité sont en effet deux variables fortement corrélées. De meilleures infrastructures, un système de santé efficace améliorent la prise en charge des personnes malades ou dépendantes, ainsi la propension des ménages à faire des enfants diminue. En cause, l’augmentation des coûts pour élever un enfant et l’apparition d’une protection sociale autre que celle assurée par la famille.

Le progrès économique et social, c’est bien, encore faut-il qu’il soit responsable. Il serait dommage de voir l’Afrique suivre la voix tracée par la Chine où la croissance débridée des dernières années provoquent pollution, désastres écologiques et scandales sanitaires à répétition. De plus, le géant asiatique engloutit la moitié de la production mondiale de charbon, son parc automobile s’élargit à un rythme d’une voiture toutes les deux secondes et sa consommation de pétrole a dépassé celle des États-Unis.

En comparaison, une étude datée de 2009, réalisée par l’Agence Française de Développement et la Banque Africaine de Développement précise que “l’Afrique produit 12,4 % du pétrole, 7 % du gaz, 4,3 % du charbon de la planète mais ne représente que 3,4 % du pétrole, 3,1 % du gaz, 0,5 % du charbon consommés mondialement”. L’Afrique a des cartes en main pour devenir une grande puissance économique, par exemple en réinvestissant les revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles dans les infrastructures, des systèmes sociaux et dans les énergies renouvelables. Aux dirigeants africains de faire les bons choix pour garantir stabilité politique, croissance économique et bien-être des populations.

 Le succès futur de l’Afrique, à l’instar d’une transition mondiale réussie vers un système économique durable et circulaire, est aussi conditionné par la volonté des autres pays à faire bouger les lignes. Sans concertation et sans coopération, les chances de relever les challenges économiques, sociaux et écologiques sont réduites. À ce propos, il sera intéressant de suivre la conférence sur le climat à Paris (COP 21) en décembre 2015 et de voir si quelque chose de substantiel en ressort. D’autant plus qu’avec un pétrole à 60$, un euro et des taux d’intérêts au plus bas, les contraintes pesant sur les décideurs politiques européens s’atténuent et avec elles les volontés de réforme.

 

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A travers ce blog créé en 2014, j’utilise mes compétences en acquisition de trafic pour donner de la visibilité à l’entrepreneuriat générant un impact positif sur la planète et la société. J’aborde aussi d’autres sujets comme l’investissement à impact, la RSE ou les énergies renouvelables.

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