Qu’est-ce que la croissance verte ?

 

Liée à la notion de développement durable, la croissance verte consiste à mettre en place une stratégie de développement économique soutenable sur le long terme tout en veillant à ne pas déprécier le capital naturel, autrement dit les ressources naturelles et la biodiversité.

Une économie verte implique aussi de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, il faut réduire voire de supprimer notre consommation d’énergies fossiles en réalisant la transition écologique.

Selon l’OCDE, les politiques de croissance verte doivent inclure :

  • l’optimisation de la productivité grâce à plus d’efficience pour réduire l’utilisation des ressources naturelles, la consommation d’énergie et la production de déchets
  • un renforcement de la confiance des investisseurs grâce à une politique environnementale clairement définie
  • l’ouverture de nouveaux marchés par une stimulation de la demande de produits, services et technologiques écologiques
  • la réduction des risques de crise économique provoquée par la réduction des ressources de matières premières, par des pollutions devenues incontrôlables (voir le plastique dans les océans) ou encore par des événements climatiques

 

L’OCDE précise aussi qu’il est nécessaire de trouver d’autres indicateurs que le PIB mesurer la performance de nos économies. Celui-ci ne prend pas en compte la dépréciation des actifs naturels ou encore le niveau de bien-être dans une société.

Pour vous donner un exemple, l’agriculture conventionnelle a considérablement appauvri les sols avec l’utilisation massive d’intrants chimiques. Les nappes phréatiques sont polluées et les populations d’insectes volants ont diminué de plus de 80 % en Europe. Notre modèle de développement actuel est destructeur pour l’écosystème.

Définition et limites de la croissance verte

 

La transition énergétique, moteur de la croissance verte

 

Au cours du XXème siècle et encore aujourd’hui, la croissance de nos économies est alimentée par les énergies fossiles : pétrole, gaz et charbon. Pour continuer à créer de la valeur sans émettre des quantités énormes de CO2 dans l’atmosphère, il faut changer le moteur de la croissance en adoptant des énergies renouvelables.

 

Les pistes pour une économie verte

 

  • Economie circulaire : les scientifiques cherchent à créer de nouvelles matières premières à partir de matières organiques renouvelables et biodégradables. L’éco-conception doit devenir la norme pour mettre fin à l’obsolsecence programmée, prolonger la durée de vie des produits et réduire les déchets en fin du cycle de vie.
  • Des politiques publiques favorisant les entreprises vertueuses et pénalisant les pollueurs. Changer les règles du jeu est nécessaire pour faire évoluer le système.
  • Recyclage des déchets systématique, même si le zéro-déchet est encore mieux. Selon les principes du biomimétisme, la notion de déchet ne devrait plus exister.
  • Rénovation thermique des logements anciens pour améliorer leur performance environnementale et pallier à la précarité énergétique.

 

Les limites de la croissance verte

 

Le concept de développement durable ou de croissance verte suscite des controverses depuis plusieurs années. De grandes multinationales sont accusées par les ONG d’utiliser ces concepts dans leur stratégie de lobbying (greenwashing ?).

Autre problème, les nouvelles technologies nécessaires à la transition énergétique utilisent elles aussi des métaux qu’il faut aller chercher à l’autre bout de la planète. Les métaux et terres rares sont répartis inégalement à la surface de la planète et s’ils sont aujourd’hui abordables, c’est parce que les normes environnementales pour leur extraction – notamment en Chine – sont inexistantes.

Les objecteurs de croissance, décroissants, collapsologues et autres amateurs de la sobriété et du low-tech critiquent la croissance verte. Celle-ci serait tout aussi destructrice pour l’environnement puisque le moteur reste le même : l’exploitation sans fin des ressources naturelles.

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