Définition : qu’est-ce que le développement durable ?

 

Le développement durable ou développement souhaitable (sustainable development en anglais) est un terme employé depuis la fin du XXe siècle et de plus en plus depuis les années 2000 avec la prise de conscience de l’empreinte écologique des êtres humains sur la planète. Le rapport Brundtland des Nations Unies donne une définition officielle mais a surtout permis la diffusion du terme, il est désormais adopté par toute la communauté internationale. Changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre, épuisement des ressources naturelles, déforestation, désertification, inégalités économiques et sociales représentent une partie des défis à relever.

Alors, c’est quoi le développement durable ?

La notion de développement durable signifie simplement : satisfaire les besoins (en eau, électricité, nourriture, etc) des générations actuelles sans mettre en péril les besoins des générations futures.

Definition du developpement durable

Le développement durable passe notamment par une transition vers les énergies renouvelables.

 

Il s’agit de repenser noter modèle économique et social pour qu’il subvienne à nos besoins sans compromettre l’avenir de nos enfants.

Quelques pistes pour un développement économique durable :

  • Instaurer davantage d’équité entre pays développés et pays en voie de développement
  • Contraindre les acteurs économiques à limiter les externalités négatives pour une meilleure protection de l’environnement
  • Impliquer davantage les parties prenantes (Organisations Non Gouvernementales, associations de consommateurs, etc) dans les processus de décision au niveau du gouvernement et dans la gouvernance des entreprises

 

Les 3 piliers du développement durable

 

Le concept de développement durable repose sur ces trois piliers : écologie, économie et social. L’objectif est de mettre en place un système capable d’être économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement viable. Dans ce modèle, la production et la consommation de produits et services ont un impact réduit sur les écosystèmes et permet à l’ensemble des acteurs de percevoir un revenu suffisant pour vivre de manière décente.

Un schéma représentant les 3 piliers du développement durable est souvent utilisé pour illustrer la notion de développement durable. Un pilier social, un pilier économique et un pilier écologique forment un point d’équilibre représentant un développement souhaitable. Ce schéma a le mérite de simplifier la compréhension, mais la réalité est bien plus complexe.

 

Historique et définition du développement durable

 

Le Rapport Brundtland

 

A l’origine, cette expression est apparue dans les années 80 et a été popularisée par le rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Il y figure la définition du développement durable :

“Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.”

 

Les Sommets de la Terre

 

Les Sommets de la Terre organisés tous les dix ans par l’ONU depuis le premier sommet de 1972 à Stockholm ont démontré la prise de conscience des dirigeants de l’urgence envrironnementale. Le Sommet de Rio de 1992 fut particulièrement marquant avec le lancement de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Elle instaure trois grands principes :

  • le principe de précaution
  • le principe des responsabilités communes mais différenciées
  • le principe du droit au développement

Cette convention reste malheureusement non contraignante juridiquement pour les Etats, preuve que beaucoup reste à faire du côté des parties prenantes. Le lobbying de la société civile et des ONG s’avère indispensable pour faire évoluer la gouvernance.

 

Le protocole de Kyoto

 

Le protocole de Kyoto est un accord internationale faisant suite à la Convention-cadre des Nations Unies. Contrairement à celle-ci, l’accord de Kyoto instaure des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et un cadre légal plus propices à faire bouger les lignes. Afin de baser les négociations et la fixation des objectifs sur une base scientifique solide et indépendante, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) – IPCC en anglais – a été créé en 1998. Il publie régulièrement des rapports d’évaluation sur l’évolution du changement climatique.

Les enjeux du développement durable

 

Cette nouvelle conception de la croissance – parfois appelée croissante verte – s’est imposée dans les mentalités en raison des nombreux déséquilibres provoquées par notre modèle de développement économique actuel. Si développement durable et environnement sont souvent associés, il est loin d’être limité à l’écologie et de nombreux autres défis sont à relever  :

  • Malgré un recul de l’extrême pauvreté, la redistribution des richesses reste très inégale entre pays et au sein même de ceux-ci ;
  • Des millions de personnes souffrent encore de la faim alors qu’en occident l’obésité et les mauvaises habitudes alimentaires dégradent la santé des populations ;
  • Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 1,3 milliard de tonnes de nourriture finissent chaque année à la poubelle, soit un tiers de la production mondiale ;
  • L’agriculture intensive dégrade les sols, elle émet de grandes quantités de CO2, de plus les intrants chimiques détruisent la biodiversité et contaminent la nourriture ;
  • La concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmentent régulièrement en raison de l’exploitation d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), grandes émettrices de dioxyde de carbone ;
  • Les services rendus par la biodiversité ne sont pas pris en compte dans notre modèle économique (insectes pollinisateurs indispensables pour l’agriculture, les forêts stockent des quantités immenses de CO2, etc.).

 

Les objectifs fixés par l’ONU

 

Pour répondre aux problématiques de notre siècle, l’ONU a fixé en 2015 une feuille de route avec 17 objectifs du développement durable (17 ODD) à atteindre d’ici 2030. Parmi les objectifs prioritaires figurent l’éradication de la pauvreté et de la faim, l’accès aux soins pour tous et la protection de l’environnement.

Pour chacun de ces objectifs, l’ONU fournit la marche à suivre pour les pays membres et insiste sur les interconnexions entre chaque problématique. Nous pouvons citer par exemple le lien entre agriculture intensive, industrie agroalimentaire et difficulté pour l’accès à l’eau dans les pays en développement. Pour respecter ces 17 ODD, une coopération étroite entre pays s’avère indispensable.

 

Les solutions pour un développement soutenable

 

Pour faire de la lutte contre le changement climat et la préservation de l’environnement une priorité, il existe des chantiers en cours à tous les étages de notre modèle économique :

  • Transition énergétique : abandonner peu à peu l’énergie fossile et développer les énergies renouvelables
  • Economie circulaire : adopter l’éco-conception, combattre le gaspillage et l’obsolescence programmée, opter pour le recyclage et la valorisation des déchets
  • Economie Sociale et Solidaire (ESS) : encourager la collaboration, la mutualisation et privilégier l’utilité sociale avant la course aux résultats économiques
  • Commerce équitable : encourager une consommation responsable pour offrir un revenu décent aux producteurs situés dans les pays en développement
  • Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) : inciter les entreprises à se lancer dans une démarche RSE avec pour objectif de maximiser leur impact positif sur la société et l’environnement, en d’autres termes réduire les externalités négatives

 

Faire évoluer les indicateurs économiques

 

La question des indicateurs du développement durable revient régulièrement sur le devant de la scène. Actuellement, l’indicateur économique généralement utilisé pour mesurer la croissance économique est le PIB, or celui-ci ne prend absolument pas en compte les dégâts sur l’environnement, le bien-être des habitants dans chaque pays ou encore les progrès réalisés.

D’autres indicateurs ont été créés pour avoir une meilleure perception du développement d’un pays, notamment au niveau humain. C’est pour cette raison qu’en 1990, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a créé l’indice de développement humain (IDH). Ce nouvel indicateur repose aujourd’hui sur le revenu national brut par habitant, l’espérance de vie et le niveau d’éducation.

 

Livres sur le développement durable

 

Vous cherchez un livre sur le développement durable ? Nous avons sélectionné pour vous les livres que nous avons trouvé intéressants :

 

 

Limites du développement durable

 

Certains émettent des doutes quand à la viabilité d’un tel modèle de développement, car il repose sur la notion de croissance économique qui nécessite toujours plus de ressources (énergie, matières premières, etc.). Dans ce contexte, une citation de l’économiste Kenneth Boulding est souvent reprise : “Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans une monde fini est soit un fou, soit un économiste”.

Les partisans de la décroissance expliquent que le développement actuel des pays riches s’est fait sur la base d’une consommation effrénée et au détriment des pays pauvres. Ainsi, il faudrait plusieurs planètes pour que ceux-ci atteignent le niveau de vie d’un français. De plus, la croissance actuelle des pays émergents est largement alimentée par des énergies fossiles, des matières premières extraites du sol et non recyclées ou une main d’oeuvre docile et exploitée.

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