Ce blog ne fera plus la promotion de l’économie verte. Ni du développement durable, ni de la transition énergétique, ni de la transition écologique et encore moins de la RSE. Ces concepts n’ont amené aucun changement de paradigme. Pire, aucun ne remet en cause la croissance économique, cet expansionnisme responsable de l’annihiliation de la diversité biologique et culturelle du monde.

Les contenus et articles précédemment publiés resteront sur le site. Si j’ai réussi à me remettre en question, d’autres peronnes peuvent y arriver. Et nous allons avoir besoin de bras pour procéder à l’ablation de la tumeur cancéreuse.

Depuis la création de ce blog en 2014, la concentration atmosphérique de CO2 n’a cessé d’augmenter malgré le développement des énergies renouvelables. La dévastation des forêts, des océans, des zones humides, des savanes, de la totalité des écosystèmes et l’extermination de l’ensemble du vivant a atteint des proportions telles que la vie mettra des millions d’années avant de retrouver sa diversité d’espèces.

Les rivières du monde entier sont contaminées par des antibiotiques et plusieurs centaines d’espèces disparaissent chaque jour. Soit à un rythme 100 à 1000 fois plus rapide que le taux normal d’extinction dans des écosystèmes stables. La pollution plastique a contaminé tous les écosystèmes de la planète, des neiges de l’Arctique à la fosse des Mariannes en passant par nos intestins. Nous chions désormais du plastique et pissons du glyphosate. Pardonnez le ton, mais j’ai la très désagréable impression que peu de gens réalisent l’ampleur de la dévastation en cours. Je pourrais continuer sur des pages et des pages à décrire ce désastre.

Quelle en est la cause ? Pour une grande partie, c’est l’extraction des matières premières qui est responsable. Une extraction indispensable pour alimenter la croissance de la civilisation industrielle. Celle-ci prospère en détruisant la nature comme l’ont fait toutes les grandes civilisations par le passé dont l’espérance de vie moyenne s’établit à 336 ans. Grâce au pétrole, la civilisation industrielle a métastasé toute la planète et repousse toujours plus loins les limites pour exploiter – et donc détruire – la nature.

Le rapport Global Resources Outlook des Nations Unies livre les chiffres de cette industrie extractive et de ses conséquences :

– 92 milliards de tonnes de matières extraites et transformées en 2017
– 50 % des émissions de GES
– 90 % du stress hydrique
– 90 % de l’érosion de la biodiversité

Au rythme actuel, l’extraction va tripler et grimpera à 276 milliards de tonnes en 2060.

Regardons la réalité en face, la transition écologique ne s’est jamais produite. La croissance économique sans laquelle le capitalisme s’écroulerait sur lui-même ruine notre planète et nous mènera à notre auto-destruction. Peu importe que les entreprises soient labellisées RSE, que l’énergie soit produite par des éoliennes ou des panneaux solaires ou que les voitures deviennent électriques. Toutes ces technologies consomment des matières premières. Allons-nous vraiment pousser la bêtise jusqu’à arracher 276 milliards de tonnes de matières à la croûte terrestre ?

Pour ma part, mes observations, lectures, rencontres et discussions ont déclenché une sérieuse remise en question. J’ai décidé d’affronter la réalité et de reconnaître l’évidence : sauver à tout prix notre civilisation industrielle, c’est de la pure folie.

 

La voie de la sagesse : une décroissance radicale

 

Ces 20 dernières années, la seule chute des émissions de CO2 s’est produite suite à la crise financière de 2008. Il y a une corrélation évidente entre croissance et émissions de CO2. La croissance dépend de l’énergie, principalement du pétrole. Certains ingénieurs et spécialistes nous expliquent qu’il est possible de “décarboner” nos économies. Se débarrasser de l’addiction au pétrole sera loin de régler tous nos problèmes et va très certainement en produire d’autres. C’est ce que j’essaye de démontrer dans l’article sur l’effet rebond.

Une fois de plus, le dogme de la fuite en avant mortifère n’est pas mis en cause. Cet aveuglement nous mène à notre perte.

 

 

 

 

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