En 2017, j’ai intégré une CAE (coopérative d’activités et d’emplois) pour plusieurs raisons : recherche d’un statut plus sûr que celui d’auto-entrepreneur, besoin d’un accompagnement et de développer mon réseau.

J’y ai trouvé des avantages mais aussi quelques inconvénients – la rigidité de fonctionnement entre autres – qui peuvent être un frein dans le développement d’une activité.

Je parle ici de mon expérience personnelle, toutes les CAE ont une manière de fonctionner qui leur est propre.

 

Les avantages de la CAE

 

Les ateliers collectifs de formation et les réunions entrepreneurs

 

Il y a régulièrement des formations organisées sur des thèmes variés qui peuvent être utiles lorsqu’on se lance dans le monde entrepreneurial et qu’on est un peu perdu ou submergé par les responsabilités et les choses à gérer.

 

Accompagnement d’un « coach » salarié de la coopérative

 

Un accompagnateur vous suit personnellement et fait régulièrement des points avec vous, sur l’avancement dans votre développement, les points bloquants, etc. Une bonne chose pour les entrepreneurs écrasés par le poids de la solitude et qui ont besoin d’être soutenus.

 

La possibilité de rencontrer des personnes d’univers différents

 

Une CAE regroupe un éventail varié d’entrepreneurs et vous pouvez dialoguer aussi bien avec des coachs en développement personnel, des paysagistes, des webmasters ou encore des guides de montagne. Cette diversité est une richesse mais je crois qu’elle peut aussi devenir un handicap dans le fonctionnement de la coopérative. J’y reviendrai plus loin.

 

Possibilité de quitter la CAE à tout moment

 

Un entrepreneur peut quitter la CAE quand bon lui semble, c’est une simple formalité. Cela a été mon cas lorsqu’un de mes clients m’a proposé un poste intéressant dans son entreprise. L’argent éventuellement stocké sous forme de trésorerie vous est bien entendu restitué.

 

Les inconvénients de la CAE

 

Versement du salaire à partir d’un certain seuil

 

A l’époque, je réalisais des missions qui ne généraient pas assez de chiffre d’affaires pour déclencher le versement d’un salaire et il faut atteindre autour de 1000 € de CA mensuel. En attendant, l’argent est stocké sous forme de trésorerie et vous ne pouvez pas y toucher. C’est assez frustrant de travailler, de gagner de l’argent et de ne pas percevoir le fruit de son travail.

 

Logiciel de compta imposé

 

Depuis que j’ai démarré en indépendant, j’utilisais le service en ligne monae.fr pour réaliser mes devis et factures. Une fois en CAE, vous êtes obligé d’utiliser le logiciel de la coopérative doté d’une ergonomie franchement pas terrible digne de l’ère soviétique. Résultat, on perd du temps et on s’énerve.

 

Validation des devis avant envoi au client

 

Lors de la première phase dite “CAPE” (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise) et avant d’obtenir votre statut officiel d’entrepreneur salarié, vous devez faire valider tous vos devis par une personne de la CAE avant de les envoyer au client. Tant que le devis n’est pas validé dans le logiciel de compta, vous ne pouvez pas l’envoyer…

Avec un client pressé ou qui veut modifier à plusieurs reprises son devis, ce système devient rapidement décourageant pour l’entrepreneur. Vous pouvez aussi oublier les envois de devis le week end, le matin tôt ou le soir tard. On peut comprendre que les devis soient vérifiés pour éviter d’éventuels litiges, mais cette rigidité a été pour ma part rédhibitoire pour la poursuite dans la coopérative.

 

Trop de charges

 

Lors d’une réunion, une simulation nous a été présentée pour nous donner une idée du salaire perçu en fonction du chiffre d’affaires. En coopérative, les charges sociales et salariales sont élevées et il faut encore ajouter une part pour financer le fonctionnement de la structure. Résultat, sur un CA mensuel de 3000 € TTC, on ne touche qu’un salaire de 1132 € net.

 

Trop rigide, la Coopérative d’Activités et d’Emplois ?

 

Au final, le statut d’entrepreneur salarié en CAE correspondra à certains entrepreneurs évoluant sur un marché local et sans compétition exacerbée. En revanche, ce statut conviendra moins à d’autres ayant un besoin de flexibilité maximale et d’une grande réactivité.

De plus, regrouper un grand nombre d’entrepreneurs exerçant des métiers radicalement différents peut devenir un handicap dans la gestion de la coopérative. Sans spécialisation dans un domaine précis, les accompagnateurs peuvent difficilement vous donner des conseils pertinents, a fortiori dans un domaine complexe et en constante évolution comme le numérique. Il existe d’ailleurs des CAE spécialisées dans un domaine d’activité précis, preuve que la spécialisation devient nécessaire pour être plus efficace.

Précisons aussi que ce statut est plus adapté à un travailleur indépendant. Si vous comptez monter une startup, il est préférable de vous tourner vers la SAS.

Consultant SEO freelance dans la vie, j’ai réuni mes compétences professionnelles et mon engagement en faveur du développement durable au cœur du projet Green-economy.fr, le blog des acteurs de l’économie verte.

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