J’ai eu l’occasion d’interviewer Emeline Ball sur le sujet, paysagiste à Strasbourg dans le Bas-Rhin. Consultante en gestion différenciée pour l’Eurométropole, elle conseille la ville pour la mise en place d’une gestion durable des espaces verts. A la fois bénéfique pour notre cadre de vie urbain et favorable au retour de la biodiversité, cette approche plus respectueuse de la nature séduit un nombre croissant de collectivités.

 

Principe de la gestion différenciée

 

La gestion différenciée consiste à appliquer différents niveaux d’entretien en fonction de l’utilisation de chaque type d’espace vert.

Concrètement, les massifs et pelouses autour des centres administratifs, du Conseil de l’Europe, du Parlement Européen ou au sein des grands parcs urbains comme l’Orangerie nécessitent un niveau d’attention particulier. En revanche, lorsqu’on gagne la périphérie, la gestion différenciée implique de laisser plus de libertés aux plantes et à la nature pour s’exprimer. Elle consiste donc à définir des zones en fonction du type d’entretien paysager à réaliser.

Le long d’une route ou d’un chemin, les paysagistes tondent pour matérialiser une “bande de propreté” et laissent une prairie fleurie pousser au-delà de cette bande. Ce même procédé peut être appliqué dans l’enceinte d’un jardin particulier ou pour les espaces verts d’une entreprise.

 

Gestion differenciee : prairie fleurie

Une belle prairie fleurie. (crédits photo : Emeline Ball)

 

 

Zéro phyto et tonte raisonnée au programme

 

En gestion différenciée, certaines pratiques “classiques” d’entretien du paysage sont bannies et d’autres encouragées :

  • Les produits phytosanitaires sont interdits : leur utilisation reste autorisée par la loi sur les terrains de sport et dans les cimetières
  • Les désherbants naturels sont autorisés (acide pélargonique ou acide acétique)
  • Mise en place de tonte et/ou fauche raisonnées (hors période de reproduction des oiseaux et des batraciens)
  • La réutilisation des déchets verts est systématique

Dans l’ensemble, ces pratiques visent à réduire notre impact négatif sur la faune et la flore.

 

Bénéfices d’un plan de gestion différenciée

 

Selon Emeline Ball, “la mise en place d’un plan de gestion différenciée passe d’abord par un audit de l’existant. Pour limiter la prolifération des plantes adventices, je conseille d’utiliser du paillage ou des plantes couvre-sol dans les massifs. Pour la transition d’une pelouse à une prairie fleurie, il suffit la plupart du temps de laisser germer et monter les graines déjà présentes dans le sol. Le résultat est le même qu’avec un semis.” En effet, l’achat de graines pour semer sur une grande surface peut vite représenter un coût important.
Autres conseils prodigués par la paysagiste : “Je choisis aussi souvent des plantes mellifères pour permettre aux abeilles de se nourrir toute l’année.”

Elle milite également pour l’engazonnement des cimetières qui ont été convertis au tout minéral depuis la 2nd Guerre Mondiale et l’arrivée des désherbants de synthèse sur le marché. L’entretien réduit permet de réduire les coûts de gestion des cimetières pour la collectivité.

Pour conclure, voici les principaux bénéfices de la gestion différenciée :

  • Gestion plus économique des espaces verts
  • Moins d’entretien, et par conséquent moins de main d’oeuvre nécessaire
  • Réduction de l’utilisation des outils thermiques et des nuisances (sonores, pollution)
  • Favorable au retour de la biodiversité (insectes, batraciens, oiseaux, etc)

 

Trottoir et gestion différenciée

Un trottoir fleuri ça fait envie, non ? (crédits photo : Emeline Ball)

Consultant SEO freelance dans la vie, j’ai réuni mes compétences professionnelles et mon engagement en faveur du développement durable au cœur du projet Green-economy.fr, le blog des acteurs de l’économie verte.

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