Le recyclage des déchets en France a du mal à s’imposer. Selon l’Agence Européenne pour l’Environnement, en 2013 le taux de recyclage atteignait seulement 37% de nos déchets ménagers contre 62% pour l’Allemagne. Le tri permet de récupérer le plastique, mais son recyclage a des limites. Une bouteille plastique est composée de plusieurs couches aux propriétés chimiques différentes, la face interne par exemple, ne doit pas contaminer le liquide. Difficile donc d’utiliser du plastique recyclé qui a pu être en contact avec toutes sortes de produits plus ou moins dangereux.

Avec le développement de nouveaux procédés biochimiques, la société française Carbios veut modifier le cycle de vie du plastique. Le problème ? Recycler du plastique a tendance à dégrader les polymères qui le composent et altère les propriétés de la matière. Pour remédier à cela, l’entreprise intervient à 3 niveaux dans le cycle de production du plastique :

  • A l’étape du recyclage, des enzymes séparent les polymères des monomères, ceux-ci seront réinjectés au moment de la production du plastique permettant un recyclage à l’infini.
  • En intégrant des enzymes au moment de la production du plastique, ils sont en mesure de limiter et de contrôler la longévité du plastique et sa vitesse de dégradation dans la nature.
  • Dernier point de recherche, les polymères biosourcés obtenus à partir de la biomasse. La canne à sucre, le maïs ou la patate douce sont utilisés aujourd’hui à cet effet mais le coût de production dépasse largement celui du plastique issu de la pétrochimie. C’est pourquoi Carbios cherchent à valoriser les déchets de l’agriculture.

Du plastique à base d’algues

D’autres acteurs de l’industrie développent des plastiques à partir de ressources renouvelables. En fabricant du bioplastique à partir d’algues, la PME bretonne Algopack a réussi un tour de force . Faible consommatrice d’eau et ne nécessitant aucun intrant chimique, cette plante aquatique a l’autre avantage de ne pas entrer en concurrence avec l’alimentation humaine. L’Algopack se désagrège au contact de l’eau comme on peut le voir dans le reportage réalisé par le magazine Futuremag sur la PME bretonne. On apprend aussi qu’il est possible de modifier l’imperméabilité du plastique pour jouer sur son temps de dégradation.Movie Carol (2015)

Ces avancées vont dans le bon sens. Mais produire du plastique avec de la biomasse présente des limites, on l’a vu avec le problème posé par l’utilisation de culture pouvant nourrir l’homme. Autre question qui me semble intéressante de soulever, quel serait l’impact d’une culture intensive d’algues sur l’environnement ? La prolifération d’une seule espèce perturbe les écosystèmes, on le sait, les exemples ne manquent pas. En Méditerranée, une algue exotique relâchée accidentellement par le Musée Océanographique de Monaco a rapidement colonisé le littoral. En proliférant, la Taxifolia a provoqué un recul significatif de la biodiversité sur la Côte d’Azur.

Abandonner totalement le plastique paraît ambitieux, voire utopique, du fait de son omniprésence. Certains ont pourtant lancé des mouvements prônant la réduction ou même l’abandon du plastique, mais ce mode de vie a peu de chance de convenir au plus grand nombre. Ces initiatives ont quand même le mérite d’explorer des alternatives à notre mode de consommation classique. En définitive, la solution au problème du plastique et à la pollution qu’il engendre réside autant dans la limitation de son utilisation que dans la recherche de substituts biodégradables.

 

 

Consultant SEO freelance dans la vie, j’ai réuni mes compétences professionnelles et mon engagement en faveur du développement durable au cœur du projet Green-economy.fr, le blog des acteurs de l’économie verte.

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