Suite des tendances de la Green Economy pour cette année 2015, toujours tirées du document édité par Greenbiz en collaboration avec Trucost. On y parle entre autres de réduction du gaspillage alimentaire, de capital naturel, d’investissement responsable et de ville intelligente. J’ai agrémenté le tout de deux petites vidéos, notamment une conférence TED intéressante sur les travaux d’un économiste qui veut attribuer un prix aux services rendus par la nature.

6) Des preuves scientifiques pour mettre fin au greenwashing

 

Le manque de standards internationaux est un frein pour le green business aujourd’hui avec les entreprises qui publient des rapports sur leur politique de développement durable. Difficile de comparer leurs résultats en la matière ou de connaître leur progression par rapport à l’objectif de réduction de CO2 fixé par le GIEC pour limiter l’effet de serre à 2°C au cours de ce siècle. Le Carbon Disclosure Project (CDP) a toutefois listé 32 firmes avec une feuille de route basée sur les données scientifiques.Movie All Is Lost (2013)

En 2008, British Telecom a été un des précurseurs avec le Climate Stabilization Intensity target, un outil qui permet de mettre en relation les objectifs de réduction d’émissions avec sa contribution dans le PIB du pays.
Du côté des SI, la société d’édition de logiciels Autodesk a lancé C-FACT, méthodologie pour mettre en place des objectifs de réduction d’émission basé sur le rapport du GIEC et en rapport avec le poids de l’entreprise dans l’économie.

De leur côté, les ONG ont un rôle d’accompagnateur. Elles analysent les rapports, vérifient les données sur le développement durable émises par les entreprises et vérifient l’honnêteté de ces démarches. Dans cette optique, le WWF et CDP en collaboration avec McKinsey, Deloitte et Point380 ont sorti un document en 2013. The 3% Solution démontre entre autres que les investissements pauvres en carbone sont très rentables. Le CDP, WWF et World Resources Institute ont également créé une méthodologie simplifiant la démarche pour les entreprises désireuses de s’engager dans la réduction de leurs émissions.

Cependant, beaucoup de travail reste à faire pour mesurer notre impact. Comment quantifier et établir des objectifs en terme de biodiversité, d’écosystèmes ou d’économie des ressources en eau ?

7) La question du gaspillage et des déchets alimentaires

gaspillage alimentaire

Avec 9 milliards de bouches à nourrir en 2050 et peut-être 11 milliards en 2100, le défi est immense. C’est pourquoi, la réduction du gaspillage alimentaire se fait de plus en plus pressante. En 2009, la FAO calculait qu’1,3 milliards de tonnes de nourriture (1/3 de la production globale) était gaspillée ou perdue chaque année. Comportement du consommateur, stratégie marketing, manque d’efficacité de la supply chain, les causes sont multiples.
Toujours selon la FAO, les rejets en gaz à effet de serre provoqués par le seul gaspillage dépassent les émissions de tous les pays, à l’exception des USA et de la Chine. A l’origine de ce phénomène, le comportement des ménages dans les pays riches et les pertes agricoles avant et après récolte dans les pays émergents.

Pour remédier à cela, les initiatives Food loss & Waste Protocol et EU FUSIONS aux multiples parties prenantes se fixent comme objectif de quantifier ce gâchis et de promouvoir une utilisation plus intelligente des ressources.
Aux USA, la FWRA (Food Waste Reduction Alliance) met en lumière les opportunités que représentent pour les industriels, les distributeurs et les restaurants une gestion maîtrisée du gaspillage.

Là encore les bénéfices sont environnementaux et économiques :
– Baisse des coûts avec une meilleure gestion des stocks
– Réduction des coûts pour le traitement des déchets
– Revenu en hausse pour les agriculteurs
– Récupération du méthane issu de la décomposition des déchets
– Economies réalisées sur les intrants (eau, énergie et engrais)
– Economies réalisées sur les ressources nécessaires à la production, au transport, à la transformation de cette nourriture gaspillée

4 étapes pour identifier les solutions les plus adéquates :
– Quantifier le gaspillage et analyser les causes
– Identifier la rentabilité économique d’une action de réduction des déchets, faire don des déchets ou recycler
– Définir les actions à mettre en place pour ce qui est du ressort de l’entreprise
– Trouver des partenaires en amont et en aval pour le reste

Kroger, Wegmans et Weis Market obtiennent à partir de déchets de l’amendement de sol et du biogaz. La startup Wiserg permet à ses clients de transformer les déchets alimentaires des supermarchés en fertilisant tout en récoltant des données dans le processus. D’autres géants de la distribution ont commencé à s’occuper du problème, Walmart en obtenant du gaz à partir de ses déchets et Intermarché avec sa campagne sur les « légumes moches » leur procurant à la fois une bonne couverture médiatique et une source de revenus supplémentaire.

Ce qui est certain, c’est qu’une coopération sera nécessaire entre les différents acteurs de la chaîne logistique et entre acteurs privés et publics pour arriver rapidement à des solutions.

8) Le Green Business attire les capitaux financiers

Le risque environnemental est de plus en plus intégré aux stratégies d’investissement car il met en péril la profitabilité des entreprises. Les nouveaux business models qui intègrent des facteurs sociaux et environnementaux se révèlent aussi être plus performants. Dans cette optique, un sixième des sommes prises en charge par les gestionnaires de fonds aux Etats-Unis font désormais partie d’une stratégie d’investissement responsable. Une autre tendance se précise, le retrait des portefeuilles des sociétés investies dans les combustibles fossiles, grandes émettrices de carbones. Les agences de notation s’y mettent également avec Standard and Poor’s qui devrait dégrader les notes d’entreprises dont les activités sont intensives en carbone. En France, nous avons un organisme comme Novethic qui produit des études sur les évolutions du marché et attribue le label ISR aux investissements responsables.

L’engouement pour les green bonds – des obligations vertes émises pour des investissements responsables – se précise. Leur poids devrait passer de 40 milliards en 2014 à 100 milliards de dollars en 2015. Cependant, il y a encore des efforts à faire pour garantir à l’investisseur que son obligation est réellement « verte ». Plusieurs indices existent comme le Dow Jone Sustainability Index, le S&P Carbon Efficient Index et plus récemment le VIS Essential Investment’s Energy, Food and Water Effiency Index. Ils offrent plus de visibilité aux investisseurs sur les entreprises responsables.

Le rapport de Greenbiz donne 3 types de gagnants : les firmes qui se concentrent sur l’optimisation des ressources, celles qui vendent des produits ou services permettant d’économiser des ressources à leurs clients et les investisseurs, apporteurs de capital dans le green business.

9) Action globale VS locale : les Smart Cities

ville intelligente

Malgré un monde de plus en plus connecté, la révolution verte viendra probablement de la base avec des partenariats publics-privés au niveau local. Les ONG, les entreprises et les collectivités s’allient pour réduire les émissions de CO2 et booster le déploiement des énergies renouvelables, la construction d’éco-quartiers et pour certifier les business responsables.

Quelques exemples de projets locaux en France :
– Le projet Darwin à Bordeaux
– L’éco-quartier du Danube à Strasbourg
Nice-Grid, un quartier solaire intelligent dans le PACA

Les actions locales ne sont pas soumises à d’innombrables accords multilatéraux et aux mêmes procédures bureaucratiques que les grands projets d’envergure national.

Avec la concentration grandissante de la population mondiale dans les mégalopoles – 60% de la population mondiale sera urbaine en 2030 – celles-ci doivent de réagir pour éviter de rencontrer les mêmes problèmes que Pékin ou Sao Paulo. Un récent classement réalisée par la société Arcadis désigne Francfort comme la ville la plus durable au monde, Paris arrivant en seizième position.
Sur les 40 mégalopoles membres du C40, plus de 20 s’engagent à réduire de 80% leurs émissions d’ici 2050 sans toutefois préciser les moyens pour y arriver.

Les Smart Cities ou « villes intelligentes » représenteront un marché de mille milliards de dollars à l’horizon 2019 :
– Smart parking, éclairage et trafic
– Analyse de données et services IT
– Transport
– Véhicules électriques et réseaux de recharge
– Energies renouvelables avec systèmes décentralisés de distribution (toits)
– Agriculture locale voire urbaine
– Gestion des déchets

Là encore, l’avenir se trouvent dans la collaboration. Celle entre IBM et AECOM a donné naissance à un tableau de bord sur la résilience des villes. Elles peuvent ainsi évaluer leur capacité à absorber des chocs comme des catastrophes naturelles par exemple.

Les enjeux autour du développement durable sont colossaux mais considérer cela comme un obstacle au succès économique est une mauvaise stratégie. Une croissance durable va de paire avec le bien-être de la communauté.

10) La montée des « investissements de conservation »

investissement de conservation

Le thinktank Global Canopy Program chiffre à 300 milliards de dollars les moyens nécessaire chaque année pour préserver l’environnement. Seulement 40 à 50 milliards sont investis aujourd’hui.
Ces investissements de sauvegarde engrangent à la fois des bénéfices financiers et un impact positif au niveau social (éducation, santé) ou environnemental (agriculture durable, qualité de l’eau).

Avec des acteurs comme NatureVest qui projette d’investir 1 milliard de dollars sur les trois prochaines années, ces placements financiers se multiplient. Les Green Bonds auront là un rôle prépondérant à jouer.

On peut discerner trois grandes catégories d’investissement de sauvegarde :
– Conservation et préservation de l’eau
– Agriculture, élevage et exploitation forestière durables et responsables
– Conservation de l’habitat (limiter l’érosion ou les émissions issues de la déforestation par exemple)

Malgré les critiques, attribuer un prix aux services rendus par les écosystèmes semble être la voie privilégiée aujourd’hui pour limiter leur destruction. Ci-dessous, vous pouvez visionner une conférence TEDx de Pavan Sukhdev, un économiste environmental qui milite pour attribuer un prix à la nature :

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A travers ce blog créé en 2014, j’utilise mes compétences en acquisition de trafic pour donner de la visibilité à l’entrepreneuriat générant un impact positif sur la planète et la société. J’aborde aussi d’autres sujets comme l’investissement à impact, la RSE ou les énergies renouvelables.

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