La crise économique traversée par la France a durement impacté la politique environnementale et les incitations fiscales visant à développer les énergies propres ont été mises au placard par le gouvernement. L’efficacité des EnR ou énergies renouvelables est mise en doute, il faudrait couvrir le pays d’éoliennes et de panneaux solaires pour combler nos besoins. Mais qu’en est-t-il réellement ? Watch Passengers (2016)

Les sceptiques dénoncent l’irrégularité de la production issue du vent et du soleil. Selon eux, le nucléaire est notre principal atout et nous ferions mieux de nous inspirer de la révolution énergétique provoquée par l’exploitation du gaz de schiste aux USA. Paradoxalement, c’est aussi le pays où couvrir l’ensemble de la demande énergétique en faisant appel à un mix renouvelable a cessé d’être une utopie.

 

La France et le boulet nucléaire

 

Les centrales nucléaires nous ont permis d’avoir une électricité à bas coût pendant un moment, c’est vrai. Mais cet argument n’est plus recevable aujourd’hui. L’âge du parc nucléaire provoque une envolée des prix de maintenance, à cela s’ajoute le coût des nouvelles normes post Fukushima. A terme, la facture EDF risque de grimper sérieusement. Et le nouveau retard dans la mise en service de l’EPR, prévue maintenant pour 2017, continue d’assombrir l’avenir de la filière nucléaire française.

Par ailleurs, l’électricité bon marché a favorisé l’inaction en matière d’efficacité énergétique. Chez nos voisins, l’alourdissement de la facture énergétique les a incité à chasser le gaspillage, à moderniser les infrastructures. Les chiffres de l’Agence Internationale de L’Energie en témoignent, la consommation d’électricité par habitant a augmenté de 24% en France depuis 1990, contre seulement 10% aux Etats-Unis, 6% en Allemagne et 0% au Danemark.

 

Optimiser le réseau électrique avec les Smart Grids

 

Le débat public se concentre généralement sur les moyens de production d’électricité et omet souvent de mettre en avant les innovations réalisées au niveau du réseau lui-même. On a d’un côté un réseau électrique intelligent, on parle de Smart Grids, de l’autre, les solutions de stockage de l’électricité.

Le premier a pour but d’intégrer les nouvelles technologies de l’information aux réseaux électriques actuels afin d’ajuster la production électrique au plus proche de la demande. Eoliennes et panneaux solaires injectent dans le réseau des quantités d’électricité très variables selon la météo. En cas de vent violent, on arrive donc à une situation absurde où les éoliennes sont stoppées pour éviter une surcharge du réseau et les pannes qui l’accompagnent.

En complément, le stockage stationnaire se démocratise, permettant de récupérer l’énergie lorsque la production dépasse la demande. Différentes techniques existent telles que le stockage mécanique, électrochimique ou encore électromagnétique. Vous trouverez plus de détails ici.

 

The Solutions Project, un plan de transition énergétique pour les USA

 

Marc Jacobson, professeur en ingénierie civile et environnementale à l’Université de Stanford, est à l’initiative de cet ambitieux projet. Afin de toucher un large public, il réunit des membres hétéroclites tels que l’acteur Mark Ruffalo, l’investisseur Marco Krapels ou encore Josh Fox, le réalisateur du film Gasland dénonçant les dérives liées à l’exploitation du gaz de schiste.

Le projet a pour socle une série d’études démontrant la possibilité de couvrir les besoins énergétiques des Etats-Unis avec des moyens 100% propres et renouvelables, et reposant sur la technologie disponible aujourd’hui. Le passage à un système combinant « Wind Water Sun » permettrait de réduire de 37% la demande en énergie à l’horizon 2030 aux USA. Ce résultat s’explique en grande partie par la conversion totale du parc automobile au moteur électrique, au rendement dépassant largement le moteur thermique.

 

demande énergétique

 

 

Sur le site du Solutions Project, une carte interactive présente les différents moyens de production et leur part dans le total, État par État. A titre d’exemple, les besoins en énergie de la Californie se répartiraient de cette façon : 55% de solaire, 35% d’éolien et environ 10% de géothermie et hydroélectricité, le tout sur une surface inférieure à 5% des terres de l’Etat.

 

mix énergétique Californie

 

surface EnR

 

 

On y parle aussi du coût trop élevé des énergies renouvelables, notamment comparé au gaz et au charbon aux USA, qui ralentit leur expansion. Cependant, en y intégrant les externalités (i.e. impacts sur la santé et l’environnement), les carburants fossiles deviennent nettement moins intéressants.
prix EnR

 

Autre proposition intéressante de Jacobson, il suggère de disposer des fermes éoliennes le long des littoraux régulièrement touchés par les ouragans pour limiter les dégâts. Son travail indique que les éoliennes maritimes réduisent la vitesse des vents et protègent la côte des vagues. Une alternative intéressante aux digues utilisées actuellement.

Contrairement à ce qu’on a l’habitude d’entendre, les EnR sont en mesure de subvenir aux besoins d’un des pays les plus gourmands en énergie. The Solutions Project le prouve. Naturellement, cette transition nécessite des investissements initiaux conséquents et le manque de fiscalité écologique en France ralentit le processus. Sans volonté politique, il sera compliqué d’atteindre les objectifs énoncés récemment dans le projet de loi de transition énergétique.

A travers ce blog créé en 2014, j’utilise mes compétences en acquisition de trafic pour donner de la visibilité à l’entrepreneuriat générant un impact positif sur la planète et la société. J’aborde aussi d’autres sujets comme l’investissement à impact, la RSE ou les énergies renouvelables.

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